KEDI &ASSOCIATES

Le Cameroun présente une extraordinaire diversité de formes architecturales. Avant 1884 (date de l’installation des Européens), le Cameroun, comme beaucoup de pays africains, avait son architecture. Issue de sociétés traditionnelles ancestrales, cette architecture s’est modelée sur les contraintes des milieux écologiques dans lesquels les techniques ont été expérimentées. Dans le sud densément boisé, les Fangs, les Beti, les Boulou, les Sawa, les Maka, les Bamiléké et les Pygmées ont exploité les matériaux offerts par la nature pour développer diverses techniques de construction. L’assemblage par ligature, le tissage, l’ajustage et la sculpture sont les techniques utilisées pour construire les huttes et les cabanes. La construction en clins est apparue au sud du Cameroun pendant la période coloniale. Dans la zone sahélo-soudanaise, le torchis est utilisé pour la construction des cases à carapace Mousgoum, des palais Kotoko et des cases rondes. Cet article vise à rendre compte des caractéristiques techniques d’œuvres architecturales perçues comme des marqueurs d’identité culturelle et à démêler le potentiel de propriété intellectuelle qui en découle.

L’architecture vernaculaire est le produit de l’interaction entre l’homme et son environnement. Cependant, les formes architecturales peuvent être influencées par les règles sociales, les croyances et les rites. Au Cameroun, on dénombre environ 240 ethnies réparties en quatre aires culturelles (l’aire soudano-sahélienne, l’aire sawa, l’aire grassfields et l’aire fang-beti). Nous verrons tout d’abord l’architecture de l’aire soudano-sahélienne, puis nous aborderons l’architecture de l’aire culturelle Sawa, celle de l’aire culturelle Grass-Fields et enfin celle de l’aire culturelle Fang-béti. Nous vous invitons à nous suivre dans cet incroyable voyage sur l’architecture précoloniale et son potentiel de propriété intellectuelle.

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